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Mardi 7 octobre 2008
ENFIN ! Ah ça, pour remplir les rayons de mangas à la con y'a du monde, mais dès qu'il s'agit d'aligner deux comics sur une étagère, y'a plus personne... Faut dire aussi qu'ils sont pas aidés, avec leurs personnages en costumes moulants jaunes fluo, qui sortent des vannes chaque fois qu'il estourbissent un super-vilain. Tout ça pour dire que j'ai enfin pu mettre la main sur une anthologie digne de ce nom: ABSOLUTE DARK KNIGHT. Merci Christopher Nolan d'avoir remis Batman au goût du jour, car sans ça, j'aurais certainement jamais trouvé en magasin ce chef d'oeuvre de plus de 500 planches signées Frank Miller (auteur responsable des "300")... Bref, moi je dis que c'est beaucoup trop laborieux de trouver des comics de nos jours, à moins d'habiter à New York, Paris, ou d'acheter sur internet des éditions d'occasion avec des pages arrachées... Merde quoi. Je me souviens du temps glorieux où j'étais encore un lardon qui partait en vacances avec ses parents, et qui trouvait sa lecture dans la superette du camping, entre Picsou Mag' et les mots fléchés. Fin du coup de gueule... Je sais bien qu'en cherchant un minimum on en trouve des comics hein, mais vous l'aurez compris, mon seul but était de cracher sur les mangas en début d'article.
Mais revenons à ABSOLUTE DARK KNIGHT. C'est pas très vieux comme ouvrage, et selon les dires des lecteurs de comics les plus acharnés, il s'agit là du tournant majeur dans une industrie devenue de plus en plus frileuse avec le temps (d'ailleurs, Frank Miller parle très bien de ce phénomène dans la préface). Et pour cause, c'est noir... Très noir ! Oui ok c'est Batman, mais là bon... C'est extrêmement mature, à l'image de ce personnage culte, qui est ici ni plus ni moins qu'un retraité. Bruce Wayne est devenu un vieux monsieur, et ça fait déjà 10 ans qu'il a laissé son costume de chauve-souris au placard. Le monde a changé, Gotham City est de nouveau vérolée par le crime... Mais Bruce Wayne ne veut plus intervenir, trop de souffrance passée, trop d'échecs encaissés... Ses ennemis jurés, Double-face et le Joker, sont à l'asile. Si le premier gagne sa liberté après avoir purgé sa peine (et accessoirement après s'être fait refaire le visage), le second attend. Le Joker a en effet perdu son sourire, il est plongé dans un état catatonique: il est éteint tout simplement.

C'est dans ce climat tristounet  que la première partie, "The Dark Knight Returns", débute. En effet, Bruce Wayne ne pourra pas contenir plus longtemps la bête qui sommeille en lui. A deux doigts de la démence, encore plus fou que les bad guys qu'il a fait interner, il laisse son ego prendre le dessus et recommence à sauter de toit en toit pour pulvériser quelques gueules... Avec une violence extrême, il purge Gotham de sa criminalité, rue après rue... Des cours d'écoles aux journaux télévisés, son retour fait grand bruit, et résonne jusqu'à l'asile d'Arkham, où le Joker retrouve subitement son sourire démoniaque... La suite on la devine aisément. Pourtant, Frank Miller amènera le plus sombre des super-héros sur un terrain bien plus ambigu, brassant des thèmes très actuels, en saupoudrant le tout d'une critique acerbe de nos sociétés actuelles. Gotham City n'aura jamais été aussi proche de nous, et Batman également. Il est de retour, il n'a toujours pas de super-pouvoirs, et dans un monde où les super-héros ont tous baissé les bras (Superman est d'ailleurs l'un des personnages clé de cette nouvelle aventure), l'homme chauve-souris est plus que jamais un paria, luttant contre les siens pour mieux les sauver.

C'est un peu ce que sous-entend l'épilogue de "The Dark Knight", le film de Christopher Nolan. Ce dernier ne s'étant jamais caché de s'inspirer énormément du personnage revu et corrigé par Miller, il est tout à fait envisageable que le troisième opus de la saga se passe plusieurs années dans le futur, avec un Bruce Wayne proche de la soixantaine... Le truc cool, bien qu'Heath Ledger nous ait quittés, c'est que le Joker pourrait être de la partie. Tout est possible avec une intrigue se déroulant 30 ans plus tard... Je propose d'ailleurs que l'on confie le rôle à Sim.
Ah oui au fait, la nouvelle Batmobile a du poil aux pattes et deux grosses narines.

Par Guillaume Pierret - Publié dans : INFLUENCES
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